lundi 13 décembre 2021

Au cas où vous vous demanderiez quelles sont mes relations avec la Fédération…

Je n’ai aucune nouvelle depuis le classement de ma plainte.

On m’a littéralement claqué la porte au nez.

 

Plainte classée, donc plus assez intéressante, je suppose.

Victime seule déclarée, pas assez de poids, j’imagine.

 

De toute façon, je n’ai pas eu besoin d’eux pour faire tout ce que j’ai fait, et je n’ai pas besoin d’eux pour continuer à le faire.

S’ils veulent de mes nouvelles, ils savent où me joindre.

 

Il m’a été promis, en janvier 2021, que les choses ne se passeraient pas aussi mal avec les autres victimes qu’elles se sont passées avec moi.

 

Mon agresseur a été jugé en ligue, et non  en Fédération. Quand dorénavant, les agresseurs seront jugés en Fédération directement.

Mais il paraît que pour moi, ils n’ont pas eu le choix. Parce que les textes n’avaient pas été modifiés, je crois.

 

Concernant l’accompagnement, j’ai trouvé ça léger, en tant que victime.

Il faut dire que, comme tout s’est passé en ligue, et plutôt mal, la Fédération m’a dit qu’elle ne pouvait rien faire.

 

Je ne me suis pas sentie spécialement accompagnée ni rassurée quand j’en ressentais le besoin.

 

En janvier 2020, quand je leur ai écrit, j’ai été en contact avec une personne qui est ensuite partie.

Quand ce contact a été rompu, personne n’a repris la suite, et j’ai dû batailler pour reprendre de nouveau contact.

La période des élections a créé de nouveau un grand silence.

Et puis ensuite, le classement de la plainte.

 

J’ai été souvent seule et livrée à moi-même pour me battre.

 

L’accompagnement a été proche de zéro.

Même au niveau de l’association qui me suivait.

 

Humainement, une victime s’attend à beaucoup, parce qu’elle a manqué de beaucoup.

On m’a dit que j’attendais trop.

 

Mais je continue de penser que je n’ai pas reçu assez, et que tout ça était bien léger.

 

On m’a dit que la cellule de signalement existait depuis bien longtemps, mais de toute évidence elle n’était pas prête pour une situation réelle.

 

Rien n’était prêt.

 

J’espère que les victimes après moi ont été et seront mieux suivies, mieux écoutées, prises au sérieux et réellement prises en charge.

 

 

vendredi 10 décembre 2021

Ces dernières semaines, j’ai douté, beaucoup.

J’ai peur de ne plus y croire.

 

Parler, pour quoi faire ?

Inciter les victimes à parler, pour quoi faire ?

 

Porter plainte, pour quel résultat ?

 

Aller si loin, pour se détruire encore, est-ce que c’est ça la reconstruction ?

 

Je n’ai pas de réponse à ces questions.

Ou bien mes réponses deviennent toutes négatives.

 

Je sais pourtant, malgré mes doutes, que

Parler m’a fait du bien,

Porter plainte m’a fait du bien,

Et que la reconstruction, malheureusement, passe aussi par une forme de destruction et de souffrance.

 

Je sais aussi que malgré mes souffrances actuelles, si je devais recommencer le chemin, je le referai exactement tel que je l’ai fait. Et sans aucun regret.

 

Mais si autrefois j’aurais incité les victimes à parler ou porter plainte à leur tour, aujourd’hui je pense que je serais plus nuancée.

 

Parce que ce chemin est difficile et qu’il demande beaucoup de force.

Parce que, même quand tu crois être prête à le faire, tu ne l’es pas.

Parce que tu risques la destruction totale à chaque nouveau pas.

 

J’étais naïve.

Je pensais que je serai écoutée.

Je pensais qu’il s’agissait de porter plainte et que l’agresseur avoue.

Je pensais que je serai soutenue, et quoi qu’il arrive, parce que j’étais du côté de la vérité.

 

La réalité est toute autre, et on n’est jamais assez préparé.

Le fait est que tu ne seras pas forcément écoutée.

L’agresseur n’avouera pas, jamais. Ou du moins, ne t’attends pas à ce qu’il le fasse.

Les pires choses seront dites à ton sujet.

Et tu ne seras pas forcément soutenue, parce qu’il y a des gens qui détestent la vérité, et qui détestent encore plus ceux qui la disent.

 

Il faut que tu t’attendes à être souillée, plus encore que tu ne l’as jamais été.

Et il faut que tu apprennes à ne pas réagir, garder ton calme en toute circonstance, ne pas répondre aux provocations, aux attaques, mais les accueillir sereinement.

Oui, sereinement…

 

Ta colère voudra tout casser. Mais il ne faudra plus écouter la colère, parce qu’elle empirera la situation : elle fera de toi une hystérique, et leur donnera l’image qu’ils veulent avoir de toi.

 

Ces dernières semaines, j’ai douté et je doute encore.

 

Nous ne voulons rien d’autre qu’obtenir justice après ce que nous avons vécu.

Mais demander justice, c’est apparemment trop demander…

 

  Le club de Bondouble était au courant dès 2018. Ensuite il est resté en Ile de France et a monté une association de stages de Hand à desti...