vendredi 5 juin 2026

 Le club de Bondouble était au courant dès 2018. Ensuite il est resté en Ile de France et a monté une association de stages de Hand à destination des mineurs. Tout le monde savait, tout le monde l'a laissé faire.
Premier stage en décembre 2019, ensuite heureusement, covid. Sans covid, avec les stages, il aurait eu des mineures à volonté et à disposition, plus qu'à se servir...
Il n'a été dénoncé que parce que j'ai fait du tapage au sujet de mon agresseur qui se trouvait avoir circulé dans les mêmes clubs que lui...
D'autres comme lui sont tombés depuis 2021.
Mais que faisaient-ils avant ? Ils ne les dénonçaient pas ? Personne ne bougeait, mais tout le monde savait ?

 

https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/saint-brieuc/bientot-juge-pour-viols-sur-mineur-a-saint-brieuc-l-ancien-entraineur-de-handball-aurait-multiplie-les-victimes-3362869.html 

mardi 10 mars 2026

“Quand c'est une athlète identifiée qui dénonce les violences, là on tend en effet le micro facilement, on écoute et il y a relativement peu de conditionnel, donc sa parole est prise comme telle.

A l'inverse, quand c'est un athlète homme qui est potentiellement accusé d'être l'agresseur [par des femmes peu connues du grand public], il y a toute une série de mécanismes qui se mettent en place.

On a notamment remarqué des problèmes récurrents qui sont relatifs à la minimisation de ce qu'il a pu faire, au soupçon sur la parole de la plaignante (Est-ce qu'elle veut de l'argent ? Qu'est-ce qu'elle cherche en portant plainte pour viol ?) et à une glorification de la carrière sportive de l'athlète”.


https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-information/la-fabrique-de-l-information-du-vendredi-06-mars-2026-1051487



Je pensais n’avoir plus rien à dire sur le sujet mais en fait, j’aime beaucoup voir mon évolution après coup, avoir un nouveau regard sur tout ce qu’il s’est passé, comment les choses se sont faites, comment je les ai vécues… Et comment je les vis maintenant.

Parce que ce n’est plus du tout le même regard, ni la même vie… Celle qui avait peur de parler n’a plus peur d’ouvrir bien grand sa gueule pour dire les choses.

Parce que j’ai pu finalement être trompée là où j’ai cru voir du soutien… Et que depuis je fais plus attention à la confiance que je donne, là où à l’époque je la donnais aveuglément.

Parce que j’avais peur de faire ce chemin seule, et que finalement j’ai réussi.

Et toutes les fois où j’ai cru mourir, tomber, ne plus jamais me relever, sont désormais loin derrière.

Alors, peut-être que j’ai encore des choses à dire, ici.

Et peut-être que je les dirai, en fonction des souvenirs qui reviennent… 

18/02/2021 => 18/02/2026

18/02/2026

La fédération ne me soutenait pas : elle assurait ses arrières.
Mon agresseur a porté plainte contre moi en effet, mais après le classement de ma plainte, en avril 2021.
Je n'ai pas eu de nouvelles de la fédération depuis cette plainte contre moi, qui a finalement été classée.
Pour la fédération à l'heure actuelle, je n'existe pas, je ne suis qu'une erreur du système : la victime qui a osé parler publiquement sans jamais s'écraser. Ils ne savent pas quoi faire de moi.
Le système a l'habitude qu'une victime s'écrase et ne crie pas, trop écrasée par la honte.
Dépassez la honte : parlez. On est plus libre après.
 

[18/02/2021]

Je ne suis pas la seule victime dans le Hand, mais j'ai l'impression d'être la seule à m'exprimer publiquement.
En tout cas j'ai beau chercher, je n'en trouve pas d'autres.
Je sais que je ne suis pas la seule, et je ne sais pas comment ça se passe pour les autres.
Mais je sais comment ça se passe pour moi : écoutée et prise au sérieux par la Fédération, mais beaucoup de silence au niveau local, de la part du comité (qui m'a bloquée) et d'autres personnes, assez nombreuses, puisque tout le monde connaît mon agresseur et le côtoie depuis des années...
Du silence, et de la méfiance je le sais, parce que mon agresseur, au cours de la procédure disciplinaire -et très certainement auprès de ses soutiens- s'est fait passer pour une victime, a dit qu'il n'y avait pas de plainte (alors qu'il a reçu une copie de ma plainte au procureur au cours de la procédure), a dit que je faisais ça pour me venger de lui, et a même dit qu'il avait porté plainte pour diffamation (une plainte dont je n'ai aucune nouvelle à ce jour).
Mais même sans ses mensonges, d'office, dès que j'ai parlé en 2019, il m'a été opposé le discours selon lequel "on n'a que ma version, donc on ne peut pas savoir si tout cela est vrai" ou bien "on refuse de prendre parti".
Alors qu'au moins une des personnes à qui j'ai parlé -je l'ai compris plus tard- aurait dû faire son travail de signalement auprès de la Fédération dès qu'elle a été mise au courant... et ne l'a pas fait.
Concernée de trop près par l'affaire, sans doute...
C'est si facile, de se dédouaner de la sorte, de reculer et de choisir la neutralité, plutôt que d'avoir à prendre position.
Le discours de la Fédération l'année dernière était qu'il n'y a pas d'Omerta dans le Hand.
Pourtant, je vois bien que si.
Je sais que la Fédération a la volonté qu'il n'y ait aucune Omerta, mais c'est comme ça, il y en a quand même une.
Au moins pour moi.
J'ai parlé malgré le silence, et même un peu à cause de lui.
J'ai parlé malgré les doutes qui m'étaient opposés.
Malgré mes peurs, et la honte.
J'ai parlé, et je continuerai, parce que j'ai dépassé les peurs, parce que j'ai dépassé la honte, et parce que je n'ai plus à me cacher.
Et plus rien à cacher, non plus, puisqu'une grande partie de ce que mon entraîneur m'a fait a été publié.
 

02/02/2021 => 02/02/2026

02/02/2026

Cinq ans plus tard, je me dois de rectifier cela : la fédération protégera avant tout son image.
Si je devais conseiller une victime aujourd'hui, je lui dirais : Trouve un bon journaliste, et déballe tout ce que tu as. Ne fais confiance qu'en toi. Tout le monde protègera le milieu et l'image du milieu. L'omerta est toujours là, on ne l'a jamais brisé.
 

[02/02/2021]

Et donc on m'a expliqué comment fonctionnent les choses, et ce que j'en comprends c'est que, si la FFHB s'est engagée aux côtés des victimes, un président de club, un président de comité ou même un président de ligue, peuvent décider de prendre le parti d'un agresseur sans que personne puisse rien y faire.
A quoi sert tout ça?
Et même la charte d'éthique, avec toutes ses valeurs, à quoi sert-elle?
Je sais que la Fédération va faire de son mieux pour protéger les victimes à l'avenir, mais si chacun peut faire ce qu'il veut comme il veut au niveau local, on va avoir des problèmes.
Si je devais conseiller une victime, je lui dirais de contacter directement la Fédération, sans essayer de passer par un club, un comité ou une ligue, car comment avoir confiance?
Je me suis moi-même cassée les dents...
La Fédération, au moins, est à l'écoute, et a la volonté d'aider les victimes.
 

lundi 9 mars 2026

09/03/2022 => 09/03/2026

 


Cette image, quatre ans plus tard...

Au début on me disait souvent que j'étais courageuse. J'étais contente qu'on me le dise. Je me sentais valorisée, après tant d'années passées à m'écraser.

Au bout d'un moment, il m'a paru de plus en plus clair que, c'est un peu simple de "saluer le courage d'une victime qui sort du silence" : c'est surtout une manière d'oublier qu'elle est la seule courageuse au milieu d'un monde de lâches et d'hypocrites.

Alors, j'en ai eu marre de vivre dans un monde où les lâches et les hypocrites disaient de moi que je suis courageuse.

Je ne suis rien. J'ai fait ce que j'avais à faire pour survivre.

Au lieu de saluer notre courage, faites ce que vous avez à faire pour que cela n'arrive plus, et faites-le vraiment.



  Le club de Bondouble était au courant dès 2018. Ensuite il est resté en Ile de France et a monté une association de stages de Hand à desti...