samedi 23 octobre 2021

J’ai appris que mon agresseur était toujours arbitre.

Violeur, menteur… et arbitre.

 

Voilà à quoi ça sert de parler : à rien.

Ça ne change rien.

 

On me dira que les faits sont prescrits et que je suis la seule victime déclarée… Alors au fond, c’est comme si je ne comptais pas.

 

C’est vrai que tout ça, c’est du passé, et pourquoi j’en fais tout un plat, en fait ?

Ah oui, pourquoi ?

 

Parce que le trauma, le manque de confiance aux autres, les tentatives de suicide, les scarifications, la dépression générale et l’anxiété globale.

Parce que la peur de vivre, ou plutôt la non-vie.

 

Parce qu’il fallait que je parle, parce qu’il fallait que je le fasse, pour traverser la voie de la guérison, pour être vraie avec moi-même, et avec les autres.

 

Parce que je croyais que ça servirait à quelque chose de faire tout ça.

 

Mais maintenant, je me rends compte que ça ne sert à rien.

 

J’ai toujours le trauma, le manque de confiance aux autres, les scarifications, la dépression générale et l’anxiété globale.

 

L’envie de retourner au fond du trou, où j’ai passé toute ma vie, déjà.

 

Les victimes sortent du silence, de plus en plus nombreuses, et de plus en plus félicitées pour leur courage.

Mais tout ça, c’est de l’hypocrisie, rien de plus.

 

Je ne crois plus au monde.

Je ne crois plus en rien.

Je n’y crois plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 20 octobre 2021

Ça devient difficile de parler dans le monde du silence.

 

Quand il n’y a aucun écho, personne pour te répondre, personne pour continuer à transmettre ta parole.

Elle rebondit simplement sur les murs, et te revient au visage.

Elle tombe à tes pieds, comme si personne ne l’avait entendue.

 

Comment les victimes peuvent-elles espérer être aidées, si le sport se referme sur lui-même, refusant de parler de ça, et préférant ne parler que du reste ?

Mais ça existe aussi.

Et la déferlante de victimes qui sont sorties du silence récemment le prouve.

 

Je suis sortie du silence et j’ai constaté être la seule de ma fédération à l’avoir fait publiquement.

Cela m’a donné par accident une forme de responsabilité.

 

La responsabilité de ne pas abandonner, de ne pas m’arrêter, et de continuer.

 

Mais je me sens seule. Seule à me battre contre des murs de silence.

Je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus.

 

Que puis-je faire seule, et que puis-je espérer changer ?

 

Que peut-on attendre d’un monde qui ne souhaite pas changer, et qui préférera toujours rester dans le silence, plutôt que de parler de ces affaires-là ?

 

Aider les victimes, les soutenir, aider à transmettre leur parole… C’est trop demander ?

 

Le silence n’aide pas les victimes, mais les enferme.

Le silence aide l’agresseur, qui peut continuer ses actes en toute impunité.

 

Le silence met en place tout un système de non-dits qui permet les agressions.

Seule la parole peut briser ce système.

La parole, qui aide les victimes, et isole les agresseurs.

 

La parole face au silence…

 

Mais le silence gagne trop souvent.

 

 

 

  Le club de Bondouble était au courant dès 2018. Ensuite il est resté en Ile de France et a monté une association de stages de Hand à desti...