mercredi 20 octobre 2021

Ça devient difficile de parler dans le monde du silence.

 

Quand il n’y a aucun écho, personne pour te répondre, personne pour continuer à transmettre ta parole.

Elle rebondit simplement sur les murs, et te revient au visage.

Elle tombe à tes pieds, comme si personne ne l’avait entendue.

 

Comment les victimes peuvent-elles espérer être aidées, si le sport se referme sur lui-même, refusant de parler de ça, et préférant ne parler que du reste ?

Mais ça existe aussi.

Et la déferlante de victimes qui sont sorties du silence récemment le prouve.

 

Je suis sortie du silence et j’ai constaté être la seule de ma fédération à l’avoir fait publiquement.

Cela m’a donné par accident une forme de responsabilité.

 

La responsabilité de ne pas abandonner, de ne pas m’arrêter, et de continuer.

 

Mais je me sens seule. Seule à me battre contre des murs de silence.

Je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus.

 

Que puis-je faire seule, et que puis-je espérer changer ?

 

Que peut-on attendre d’un monde qui ne souhaite pas changer, et qui préférera toujours rester dans le silence, plutôt que de parler de ces affaires-là ?

 

Aider les victimes, les soutenir, aider à transmettre leur parole… C’est trop demander ?

 

Le silence n’aide pas les victimes, mais les enferme.

Le silence aide l’agresseur, qui peut continuer ses actes en toute impunité.

 

Le silence met en place tout un système de non-dits qui permet les agressions.

Seule la parole peut briser ce système.

La parole, qui aide les victimes, et isole les agresseurs.

 

La parole face au silence…

 

Mais le silence gagne trop souvent.

 

 

 

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