mardi 16 mars 2021
16/03/2021
Comment je me suis préparée à affronter mon agresseur en commission de discipline...
Après avoir reçu le dossier disciplinaire, et après l'avoir lu avec angoisse,
j'avais une semaine pour me préparer à la commission de discipline de mon
agresseur.
J'ai passé l'essentiel de cette semaine à regrouper des informations
pour savoir ce qu'il me fallait faire lorsque je me retrouverai face à lui.
Je voulais être forte, et préparée, le plus possible.
Mais regrouper des informations ne suffisait pas... J'avais peur de ne pas être
prête ou de ne pas avoir le mental suffisant pour y arriver.
Malgré toute ma préparation, j'avais peur, quand même...
Dans mon malheur, j'ai eu de la chance : la commission avait lieu en
visioconférence.
J'allais affronter mon agresseur de chez moi, sur mon territoire.
C'est le grand détail qui m'a le plus aidée, finalement.
En extérieur, j'aurais été peu à l'aise, il y aurait eu le stress de se déplacer, le stress d'arriver à l'heure, ou de le croiser...
Je ne crois pas que cette feuille m'aie aidée tant que ça, au final, car la
commission était très cadrée, mon agresseur n'avait pas le droit de m'adresser
directement la parole et tout était fait pour éviter que les choses
s'enveniment.
Aussi, j'avais apporté quelques preuves supplémentaires avant la commission,
afin de ne pas passer l'essentiel de la visioconférence à me défendre sous une
pluie de questions remettant ma parole en doute.
dimanche 7 mars 2021
Handballeurs, handballeuses, à toutes les victimes…
J’ai été violée par mon entraîneur quand j’avais 14 ans.
Personne n’en a jamais rien su parce que j’ai gardé le secret.
Il y a plusieurs raisons à ce silence.
Parce que c’était mon entraîneur, nous étions lui et moi dans une relation spécifique : il avait autorité sur moi, je lui faisais confiance, je l’admirais.
J’étais jeune, j’étais naïve, je croyais que tout ce qui était arrivé était de ma faute, j’avais honte, j’avais peur… Alors, je n’ai rien dit.
J’ai essayé d’oublier, j’ai essayé de pardonner, j’ai essayé de passer à autre chose…
Mais la blessure liée à ces événements ne cessait de s’ouvrir et de me faire souffrir.
J'ai porté ce poids, je l'ai traîné avec moi comme un boulet à mes pieds.
J’avais toujours peur, j’avais toujours honte, je n’étais que l’ombre de moi-même.
Le handball était tout pour moi, mon club était comme une grande famille.
Pourtant, j'ai arrêté de jouer, je ne fréquentais plus personne, j'ai fui.
Mais ce sport m'a manqué, plus que tout au monde.
Et puis, j’ai porté plainte.
Et puis, j’ai écrit à la Fédération Française de Handball.
Au début, j'ai souhaité garder l'anonymat.
Mais j'ai pris conscience que mon agresseur avait des responsabilités et des devoirs vis-à-vis de la Fédération, et que ce qu'il avait fait concernait aussi le Handball, et pas seulement moi.
Alors, je suis sortie définitivement de l’anonymat et j’ai donné à la Fédération le nom de mon agresseur.
La Cellule Fédérale m'a prise au sérieux et elle m’a écoutée, sans jamais me juger.
Pour la première fois de ma vie, je n'étais plus seule avec tout ça.
Pour la première fois aussi, je me suis sentie vraiment entendue dans ma souffrance.
Et ça a été une grande libération.
Sortir du silence n’est pas la plus simple des choses à faire.
On est perdu, on a peur, on a honte, on se sent coupable d’avoir subi des actes de violence, coupable de s’être laissé faire et de n’avoir rien dit.
Mais sortir du silence est la seule chose qui remettra le monde en ordre : l’agresseur à sa place de coupable, et la victime à sa place de victime.
jeudi 4 mars 2021
04/03/2021
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