dimanche 28 février 2021

28/02/2021

 Les gens savent s’unir pour défendre des causes qui leur tiennent à cœur. N’importe quelle cause. Toutes les causes.

Sauf celle d’une victime de violences sexuelles.

Seule dans son combat.

Ils se cachent derrière la présomption d’innocence.

Cela leur évite d’avoir à prendre parti pour l’un ou pour l’autre.

Mais surtout, c’est plus facile, parce que cela permet de continuer la vie comme si de rien n’était.

Mais notre vie à nous ne continue pas. Il y a une pause qui se crée, quand on porte plainte. Le temps s’arrête, et on attend. 

 

Attente d’une enquête.

Attente d’une garde à vue de notre violeur.

Attente d’un procès. 

 

On regarde la vie comme à travers une fenêtre.

On regarde tout le monde vivre comme si de rien n’était.

On les regarde s’unir pour défendre des causes, ou leur sport.

Et on reste sur le bord de la route.

 

C’est la raison de la création de ce blog.

Le Hand c’est ma famille et je ne veux plus être sur la touche.

Les victimes du Handball ne doivent pas être les oubliées du Handball.

 

 

27/02/2021

 

Je pourrais avoir le soutien du monde entier, peut-être, mais je resterai toujours blessée de ne pas avoir le soutien de "ma" petite famille du Hand.

Celle qui m'a tout appris, qui m'a appris à ne jamais abandonner, jamais lâcher même dans la vraie vie.

Celle qui m'a appris à m'investir, donner de mon temps et de mes mains.

Et qui, en m'apprenant tout cela, m'a préparée à ce combat que je mène aujourd'hui, à tous les leviers que je lève en moi pour continuer sans jamais m'arrêter.

Je ne veux pas rester sur le bord du terrain, ni dans ma vie, ni dans le Hand.

J'espère qu'ils apprendront à m'écouter.

Et j'espère ne pas les avoir perdus en chemin.

Même si je sais aussi que ce qui sera perdu n'était pas important, il y a des gens qui comptaient quand même ici, ils ne savent même pas à quel point.

 

vendredi 26 février 2021

27/02/2021

 

Le hand me manque.

Le hand m'a toujours manqué.

Je suis partie parce que je croyais que tout le monde savait.

Je croyais qu'il leur avait dit... non pas ce qu'il m'avait fait, ou ce qu'il avait fait de moi... mais ce que j'avais "accepté" de faire avec lui...

Et j'avais l'impression de sentir leurs regards, leurs jugements, comme si c'était écrit sur mon front.

Le hand me manque et, chaque fois que j'ai pensé me réinscrire, je n'ai pas réussi...

Parce que l'ambiance du gymnase s'était résumée à Lui.

Parce que l'ambiance du gymnase s'était résumée à Ça...

Il m'était devenu impossible d'être sur un terrain sans penser à ça.

Le hand me manque aujourd'hui, et peut-être que j'y retournerai un jour.

J'y pense comme ça, en me disant "un jour"... "Après tout ça".

Mais je crois que la vérité est plus proche de "plus jamais".

Parce que, quand on a vécu ça, on ne revient plus sur le terrain de la même manière.

Parce que c'est toujours là.

Avec la peur que ça recommence.

Maintenant, quand je pense "entraîneur", je pense "agresseur".

Quand je vois un entraîneur, je vois un agresseur potentiel...

Et je sais que mon problème avec ça est bien plus large, parce que parfois je vois des agresseurs dans tous les hommes.

J'ai beau me dire qu'il faut être tordu pour ne serait-ce que penser à faire ce genre de choses... Et que tous les hommes ne sont pas tordus, je le sais... Mais j'y pense quand même.

 

 

24/02/2021

Je ne suis pas la seule victime dans le Hand, mais j'ai l'impression d'être la seule à m'exprimer publiquement.

En tout cas j'ai beau chercher, je n'en trouve pas d'autres.

Je sais que je ne suis pas la seule, et je ne sais pas comment ça se passe pour les autres.

Mais je sais comment ça se passe pour moi : écoutée et prise au sérieux par la Fédération, mais beaucoup de silence au niveau local, de la part du comité (qui m'a bloquée) et d'autres personnes, assez nombreuses, puisque tout le monde connaît mon agresseur et le côtoie depuis des années...

Du silence, et de la méfiance je le sais, parce que mon agresseur, au cours de la procédure disciplinaire -et très certainement auprès de ses soutiens- s'est fait passer pour une victime, a dit qu'il n'y avait pas de plainte (alors qu'il a reçu une copie de ma plainte au procureur au cours de la procédure), a dit que je faisais ça pour me venger de lui, et a même dit qu'il avait porté plainte pour diffamation (une plainte dont je n'ai aucune nouvelle à ce jour).

Mais même sans ses mensonges, d'office, dès que j'ai parlé en 2019, il m'a été opposé le discours selon lequel "on n'a que ma version, donc on ne peut pas savoir si tout cela est vrai" ou bien "on refuse de prendre parti".

Alors qu'au moins une des personnes à qui j'ai parlé -je l'ai compris plus tard- aurait dû faire son travail de signalement auprès de la Fédération dès qu'elle a été mise au courant... et ne l'a pas fait.

Concernée de trop près par l'affaire, sans doute...

C'est si facile, de se dédouaner de la sorte, de reculer et de choisir la neutralité, plutôt que d'avoir à prendre position.

Le discours de la Fédération l'année dernière était qu'il n'y a pas d'Omerta dans le Hand.

Pourtant, je vois bien que si.

Je sais que la Fédération a la volonté qu'il n'y ait aucune Omerta, mais c'est comme ça, il y en a quand même une.

Au moins pour moi.

J'ai parlé malgré le silence, et même un peu à cause de lui.

J'ai parlé malgré les doutes qui m'étaient opposés.

Malgré mes peurs, et la honte.

J'ai parlé, et je continuerai, parce que j'ai dépassé les peurs, parce que j'ai dépassé la honte, et parce que je n'ai plus à me cacher.

Et plus rien à cacher, non plus, puisqu'une grande partie de ce que mon entraîneur m'a fait a été publié.

24/02/2021

J'ai créé cette page pour les victimes de violences sexuelles dans le Handball.

Et si on se regroupait ?

Pour s'entraider, pour parler, rassembler nos expériences...

Sortir du silence n'est pas facile, la Fédération Française de Handball est à notre écoute, mais les comités ou les clubs ne le sont pas toujours, malheureusement, et alors la solitude s'installe...

Je partagerai ici mon expérience pour commencer, mais chacun pourra, s'il le souhaite, partager également la sienne, de manière anonyme ou non (n'hésitez pas à m'écrire en MP ou adresse mail : VSHandball@gmx.fr).

 

24/02/2021

 

En lisant les commentaires à droite et à gauche, on voit bien que le problème n'est plus de parler, mais d'être entendu.

Peut-être qu'un jour (je l'espère en tout cas) les personnes qui ne veulent pas entendre seront de plus en plus la minorité.

Et j'espère qu'au bout d'un moment, ce ne sont plus les victimes qui seront pointées du doigt, mais tous ceux qui n'ont pas voulu entendre quand les victimes parlaient, ou tentaient de parler.

Tous ceux qui ont remis la parole en doute, ou traité les victimes de menteuses, ceux qui se sont murés dans un silence inaudible, pendant que les atrocités continuaient, et alors qu'on essayait de les prévenir...

Parce que chaque année on nous dit que, cette fois c'est bon, la parole s'est libérée.

Oui, en tout cas, elle essaie...

Mais ce n'est plus la parole qu'il faut libérer, c'est l'écoute.

A quoi nous sert de libérer notre parole si nous ne sommes pas entendus?

 

  Le club de Bondouble était au courant dès 2018. Ensuite il est resté en Ile de France et a monté une association de stages de Hand à desti...