Je ne suis pas la seule victime dans le Hand, mais j'ai l'impression d'être la seule à m'exprimer publiquement.
En tout cas j'ai beau chercher, je n'en trouve pas d'autres.
Je sais que je ne suis pas la seule, et je ne sais pas comment ça se passe pour les autres.
Mais je sais comment ça se passe pour moi : écoutée et prise au sérieux par la Fédération, mais beaucoup de silence au niveau local, de la part du comité (qui m'a bloquée) et d'autres personnes, assez nombreuses, puisque tout le monde connaît mon agresseur et le côtoie depuis des années...
Du silence, et de la méfiance je le sais, parce que mon agresseur, au cours de la procédure disciplinaire -et très certainement auprès de ses soutiens- s'est fait passer pour une victime, a dit qu'il n'y avait pas de plainte (alors qu'il a reçu une copie de ma plainte au procureur au cours de la procédure), a dit que je faisais ça pour me venger de lui, et a même dit qu'il avait porté plainte pour diffamation (une plainte dont je n'ai aucune nouvelle à ce jour).
Mais même sans ses mensonges, d'office, dès que j'ai parlé en 2019, il m'a été opposé le discours selon lequel "on n'a que ma version, donc on ne peut pas savoir si tout cela est vrai" ou bien "on refuse de prendre parti".
Alors qu'au moins une des personnes à qui j'ai parlé -je l'ai compris plus tard- aurait dû faire son travail de signalement auprès de la Fédération dès qu'elle a été mise au courant... et ne l'a pas fait.
Concernée de trop près par l'affaire, sans doute...
C'est si facile, de se dédouaner de la sorte, de reculer et de choisir la neutralité, plutôt que d'avoir à prendre position.
Le discours de la Fédération l'année dernière était qu'il n'y a pas d'Omerta dans le Hand.
Pourtant, je vois bien que si.
Je sais que la Fédération a la volonté qu'il n'y ait aucune Omerta, mais c'est comme ça, il y en a quand même une.
Au moins pour moi.
J'ai parlé malgré le silence, et même un peu à cause de lui.
J'ai parlé malgré les doutes qui m'étaient opposés.
Malgré mes peurs, et la honte.
J'ai parlé, et je continuerai, parce que j'ai dépassé les peurs, parce que j'ai dépassé la honte, et parce que je n'ai plus à me cacher.
Et plus rien à cacher, non plus, puisqu'une grande partie de ce que mon entraîneur m'a fait a été publié.
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