dimanche 7 mars 2021

Handballeurs, handballeuses, à toutes les victimes…

 

J’ai été violée par mon entraîneur quand j’avais 14 ans.

Personne n’en a jamais rien su parce que j’ai gardé le secret.

 

Il y a plusieurs raisons à ce silence.

Parce que c’était mon entraîneur, nous étions lui et moi dans une relation spécifique : il avait autorité sur moi, je lui faisais confiance, je l’admirais.

J’étais jeune, j’étais naïve, je croyais que tout ce qui était arrivé était de ma faute, j’avais honte, j’avais peur… Alors, je n’ai rien dit.

 

J’ai essayé d’oublier, j’ai essayé de pardonner, j’ai essayé de passer à autre chose…

Mais la blessure liée à ces événements ne cessait de s’ouvrir et de me faire souffrir.

J'ai porté ce poids, je l'ai traîné avec moi comme un boulet à mes pieds.

J’avais toujours peur, j’avais toujours honte, je n’étais que l’ombre de moi-même.

 

Le handball était tout pour moi, mon club était comme une grande famille.

Pourtant, j'ai arrêté de jouer, je ne fréquentais plus personne, j'ai fui.

Mais ce sport m'a manqué, plus que tout au monde.

 

Et puis, j’ai porté plainte.

Et puis, j’ai écrit à la Fédération Française de Handball.

Au début, j'ai souhaité garder l'anonymat.

Mais j'ai pris conscience que mon agresseur avait des responsabilités et des devoirs vis-à-vis de la Fédération, et que ce qu'il avait fait concernait aussi le Handball, et pas seulement moi.

Alors, je suis sortie définitivement de l’anonymat et j’ai donné à la Fédération le nom de mon agresseur.

 

La Cellule Fédérale m'a prise au sérieux et elle m’a écoutée, sans jamais me juger.

Pour la première fois de ma vie, je n'étais plus seule avec tout ça.

Pour la première fois aussi, je me suis sentie vraiment entendue dans ma souffrance.

Et ça a été une grande libération.

 

Sortir du silence n’est pas la plus simple des choses à faire.

On est perdu, on a peur, on a honte, on se sent coupable d’avoir subi des actes de violence, coupable de s’être laissé faire et de n’avoir rien dit.

 

Mais sortir du silence est la seule chose qui remettra le monde en ordre : l’agresseur à sa place de coupable, et la victime à sa place de victime.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

  Le club de Bondouble était au courant dès 2018. Ensuite il est resté en Ile de France et a monté une association de stages de Hand à desti...