Puisque ma plainte a été classée, mon agresseur a porté plainte, avec l’aide de son avocate, pour dénonciation calomnieuse…
Dans la plainte initiale, il est même écrit pour « harcèlement moral et dénonciation calomnieuse ».
Le harcèlement moral étant que j’aborde le sujet des violences sexuelles sur les réseaux sociaux, et que cela est perturbant, on le comprend, pour un agresseur.
Dénonciation calomnieuse, parce qu’il continue de nier ce qu’il m’a fait et de dire que j’ai menti…
Sa plainte a été classée, faute de preuves.
Evidemment, puisque je ne fais qu’exposer la vérité depuis le début.
Et heureusement, une victime a le droit de raconter ce qu’elle a vécu, quand bien même les faits seraient prescrits.
Je raconte mon expérience pour aider les prochaines.
Pour celles qui le vivent, qui ont essayé de parler et qui n’ont pas été écoutées.
Et pour celles qui devront dénoncer un jour, quand elles se sentiront prêtes à le faire, parce que la dénonciation n’est pas un chemin de tout repos.
Si on m’avait dit tout ce que je m’apprêtais à vivre quand je l’ai fait, peut-être que je ne l’aurais pas fait. Peut-être que j’aurais hésité.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que je me serais mieux préparée à vivre tout ça.
Parce que, quand on débarque avec la vérité, on s’attend à être bien accueillie.
Mais la réalité est toute autre…
Tu seras trainée dans la boue et salie le plus possible… Tu seras détestée, parce que la vérité n’est jamais bonne à dire.
Il te faudra tenir le coup. Continuer de la brandir haut et fort. Continuer jusqu’à ce qu’elle gagne.
C’est une tempête, un ouragan, et on passe de nombreux moments sans savoir à quoi se raccrocher, mais on en sort vivant.
Je te promets, on en sort vivant.

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