jeudi 11 juin 2026

Toi et moi avons quelque chose en commun. 

Mais pas la même chose.

Tu es un agresseur, et j'ai été une victime.

Nous ne connaissons pas la même façade du monde.

Même quand j'essaie de me mettre à ta place, de le voir à travers tes yeux, j'échoue.

Ce qui nous différencie l'un de l'autre est sans doute l'empathie.

J'éprouve tant d'émotions qu'il ne me viendrait jamais à l'idée de faire souffrir pour mon propre plaisir.

J'ai une morale.

Tu sembles manquer de l'un et de l'autre, pour t'attaquer ainsi aux autres et te satisfaire.

Pourtant, quand je pense à un agresseur, je pense à tous les agresseurs. Je me sens connectée, à cette manière étrange : je sais, je te connais.

Je sais que toi, quand tu penses à une victime, tu ne te sens pas connecté à toutes les victimes. 

Bien sûr, il y a ce lien, et tu le ressens. Chaque proie a cette connexion avec son prédateur, et aucun prédateur n'y est insensible.

Tu sais à qui t'attaquer, après tout, et ce n'est pas pour rien. Tu recherches les plus faibles, et cette sorte de connexion bien malgré toi.

Ainsi, nous avons quelque chose en commun. Et quand je pense à toi je pense à tous. Et quand je pense à tous je pense à toi. 

A votre ressemblance dans les actes, dans les mots, dans la défense.

Tu n'es pas le même. Tu n'es pas mon agresseur. Mais tu me fais penser à lui. Et vous êtes tous semblables dans vos façons de faire.

Je n'oublie pas. Ni vos visages, ni vos noms. 

Je n'oublie pas. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les témoignages les plus difficiles à lire pour moi sont "c'était mon ami et je le connaissais depuis longtemps". Peut-être pa...