Quand une victime porte plainte, elle sait déjà que c’est perdu d’avance…
Dans notre tête, on porte plainte pour la forme ou pour se sentir mieux, mais rarement avec la certitude d’obtenir justice.
Parce que nous savons comment le système fonctionne :
La plupart des plaintes sont classées sans suite. Parfois d’office, et d’autres fois après une micro-enquête, histoire de dire qu’ils ont essayé…
C’est ce monde-là dans lequel on vit… Le jeu est truqué, faussé d’avance.
On l’accepte seulement parce qu’on a l’espoir que les choses changent.
C’est d’ailleurs pour ça qu’ils nous disent « les victimes ne doivent pas attendre d’obtenir justice pour guérir ».
C’est vrai qu’obtenir réparation du préjudice n’aide pas nécessairement à soulager le traumatisme.
Mais ça y contribue, quand même.
Et on vivrait mieux dans un monde où l’on serait assuré de voir notre violeur derrière les barreaux, plutôt que de le savoir libre et prêt à recommencer. Ou prêt à se venger…
On vivrait mieux dans un monde où l’on aurait la certitude que les viols sont punis par la loi, non seulement dans les textes, mais aussi dans la réalité.
Parce qu’il y a quand même un peu de cet espoir dans nos plaintes, même juste un peu : se dire que peut-être, avec un peu de chance, notre viol à nous sera reconnu et puni comme il se doit.
Mais il n’y a rien de normal à vivre dans une société où les espoirs se perdent au point qu’on porte plainte bien plus « pour la forme » que « pour obtenir réparation du préjudice ».
Surtout quand il s’agit de viol.
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