J’ai régulièrement envie de leur demander :
Mais alors ça vous fait quoi ?
Ça fait quoi d’être ami avec un violeur ?
D’être arbitré par un violeur ?
De rire aux blagues salaces d’un violeur ? (parce que je connais son humour sale, et je connais bien plus que son humour d’ailleurs).
Ça fait quoi de garder un violeur dans votre fédération, votre ligue, votre comité, votre club ?
Est-ce que vous arrivez à le regarder dans les yeux ?
Est-ce que vous êtes à l’aise dans vos pompes ?
Et si j’étais là, en face de vous, est-ce que vous arriveriez à soutenir mon regard ?
Ça fait quoi, de savoir, et de rien faire ?
Ça fait quoi de décider de faire comme si ?
Ça fait quoi de porter des œillères ?
La situation depuis deux ans ne me permet pas d’aller leur poser ces questions directement.
Mais j’aimerais tellement savoir… ça fait quoi d’être de ce côté du miroir, et de décider que ce ne sont pas vos affaires ?
Moi, de l’avoir vécu, j’en ai eu la nausée. D’en avoir parlé, j’en ai eu la nausée.
Et j’en ai encore la nausée aujourd’hui, quand je pense au fait qu’il continue de nier et de faire comme si.
J’ai la nausée de lui, mais la nausée de vous aussi, si vous saviez.
J’ai la nausée du monde, qui nous a dit de parler, mais qui ne nous a pas écouté.
La nausée de la justice qui porte si mal son nom.
J’ai la nausée de tout, et d’exister aussi.
Voilà ce que ça me fait à moi.
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