Bientôt un an que j’ai créé cette page.
Il s’en est passé des choses en un an…
Cette page a été faite comme un appel aux autres victimes du Handball, pour nous réunir.
Pour raconter mon expérience aussi même si à l’époque, plongée dans le tourbillon du traumatisme et de la justice, il m’était impossible de raconter quoi que ce soit.
Un an, et beaucoup d’obstacles…
L’année dernière je me suis crue mourir plusieurs fois. Je me sentais mourante, je voulais m’effacer, ne plus exister.
Mais je suis toujours là…
Cette page a été créée comme un cri d’appel, parce que je me sentais seule dans le Hand.
Horriblement seule.
Et je me sens toujours seule, parce que mon cri n’a pas porté assez loin.
Ni pour les autres victimes, ni dans le Hand.
En cela, j’ai la sensation d’un échec.
Le tabou dans le monde du Handball est tenace, encore.
Personne ne parle.
Les plus concernés sont justement les plus verrouillés sur le sujet.
Pourtant, à lire le Handinfos on voit bien que d’autres affaires sont sorties, et que la prise de parole était nécessaire.
Elle l’est toujours.
Mon cri, je l’espère, continuera de porter sa voix aussi haut qu’il le peut, pour être entendu un jour, véritablement.
Et j’espère toujours que d’autres cris viendront le rejoindre.
Oui, parler publiquement est difficile.
Dire « Je suis victime, et voici les détails de mon viol » est un saut dans l’inconnu.
Il faut franchir le pas de la peur, celui de la honte, et les regards qui jugent.
J’ai parfois regretté de l’avoir fait, et d’avoir étalé mon combat sur la place publique.
Mais, malgré les difficultés et les doutes, je continue de penser que c’est nécessaire de le faire.
Parce que cela ouvre la voie pour les autres, les prochaines.
Celles qui n’osent pas parler encore, celles qui ont peur de le faire, celles qui ne savent pas ce qui les attend aussi.
Parce que parler, c’est aller vers l’inconnu, prendre une route nouvelle et qui peut être tout aussi destructrice que constructive.
Parler, c’est faire exploser le monde en même temps que soi-même, et devoir tout reconstruire pièce par pièce.
On croit toujours qu’on n’en sera pas capable, mais en réalité on l’est.
On croit qu’on ne tiendra pas le coup, mais on y arrive.
On pense qu’on va mourir après, mais la vérité c’est qu’on revit, à l’image du Phénix qui renaît de ses cendres.
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