Je crois que l’agresseur est mort en moi maintenant.
Je crois que l’emprise est terminée et que désormais je suis libre.
Il aura fallu 26 années et un travail thérapeutique énorme pour que cela puisse se faire…
Vingt-six années passées à avoir peur, de lui et du monde extérieur.
Peur de mal faire, peur de ne pas faire assez, de ne pas être assez.
Peur d’exister, peur d’être trop.
Peur de vivre.
Peur des représailles si je parlais…
Peur d’être vraiment moi.
Peur de l’autre et du mal qu’il pourrait me faire.
Peur de faire confiance.
Vingt-six années gouvernées par la peur.
Mais maintenant, cette partie de lui est morte en moi, et je peux exister.
Je peux enfin être moi, sans avoir peur d’être trop.
Je peux vivre.
Et je peux faire confiance aussi, parce que l’autre n’est pas toujours cette personne destructrice et avide de pouvoir, qui pourrait m’utiliser pour se satisfaire.
Je n’ai plus peur du monde parce que désormais je saurai me protéger et me défendre.
Après 26 années de prison, je me sens enfin libre, vivante et légère.
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